Aller au contenu principal
Le Chêne et le Roseau (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #004748

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Texte de la fable :
   Le Chêne un jour dit au roseau :
   Vous avez bien sujet d’accuser la Nature ;
   Un Roitelet  pour vous est un pesant fardeau.
   Le moindre vent qui d’aventure
   Fait rider la face de l’eau,
   Vous oblige à baisser la tête :
   Cependant que mon front, au Caucase pareil,
   Non content d’arrêter les rayons du soleil,
   Brave l’effort de la tempête.
   Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphir.
   Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
   Dont je couvre le voisinage,
   Vous n’auriez pas tant à souffrir :
   Je vous défendrais de l’orage ;
   Mais vous naissez le plus souvent
   Sur les humides bords des Royaumes du vent. 
   La Nature envers vous me semble bien injuste.
   Votre compassion, lui répondit l’Arbuste ,
   Part d’un bon naturel ; mais quittez ce souci.
   Les vents me sont moins qu’à vous redoutables. 
   Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
   Contre leurs coups épouvantables
   Résisté sans courber le dos ;
   Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,
   Du bout de l’horizon accourt avec furie
   Le plus terrible des enfants
   Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.
   L’Arbre tient bon ; le Roseau plie.
   Le vent redouble ses efforts,
   Et fait si bien qu’il déracine
   Celui de qui la tête au ciel était voisine,
   Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.
Annotations :
1. Signé « F. C. » en bas à droite.
2. Livre I, Fable 22.