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Le Lion et le Moucheron (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #004749

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Texte de la fable :
   Va-t-en, chétif Insecte, excrément de la terre.
   C’est en ces mots que le Lion
   Parlait un jour au Moucheron.
   L’autre lui déclara la guerre.
   Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
   Me fasse peur ni me soucie ?
   Un Bœuf est plus puissant que toi,
   Je le mène à ma fantaisie.
   À peine il achevait ces mots
   Que lui-même il sonna la charge,
   Fut le Trompette et le Héros.
   Dans l’abord il se met au large,
   Puis prend son temps, fond sur le cou
   Du Lion, qu’il rend presque fou.
   Le Quadrupède écume, et son œil étincelle ;
   Il rugit, on se cache, on tremble à l’environ ;
   Et cette alarme universelle
   Est l’ouvrage d’un Moucheron.
   Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle,
   Tantôt pique l’échine, et tantôt le museau,
   Tantôt entre au fond du naseau.
   La rage alors se trouve à son faîte montée.
   L’invisible ennemi triomphe, et rit de voir
   Qu’il n’est griffe ni dent en la bête irritée
   Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
   Le malheureux Lion se déchire lui-même,
   Fait résonner sa queue à l’entour de ses flancs,
   Bat l’air qui n’en peut mais, et sa fureur extrême
   Le fatigue, l’abat ; le voilà sur les dents.
   L’Insecte du combat se retire avec gloire :
   Comme il sonna la charge, il sonne la victoire,
   Va partout l’annoncer, et rencontre en chemin
   L’embuscade d’une Araignée :
   Il y rencontre aussi sa fin.
   Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
   J’en vois deux, dont l’une est qu’entre nos ennemis
   Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
   L’autre, qu’aux grands périls tel a pu se soustraire,
   Qui périt pour la moindre affaire.
Annotations :
1. Signé « F. C. » vers le bas au centre gauche.
2. Livre II, Fable 9.