Aller au contenu principal
×
Recherche infructueuse

Portrait de Diderot - Bertonnier d’après Mme Therbouche

Série de l'image :

Notice précédente Notice n°71 sur 103 Notice suivante

Date :
1767
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Lieu de conservation :

Analyse

Livret du Salon de 1767 : 

« Par Mme Therbouche, Académicienne, Peintre du Roi de Prusse, & de S. A. E. l’Electeur Palatin, & de l’Académie de Boulogne.
113. Un Homme tenant un verre de vin, éclairé d’une bougie. Ce tableau, de 3 pieds 6 pouces de haut, sur 3 pieds d elarge, est son morceau de réception à l’Académie.
114. La Tête d’un Poëte.
115. Plusieurs Portraits, sous le même numéro. »

Commentaire de Diderot, Salon de 1767 : 

« Ses autres portraits sont faibles, froids, sans autre mérite que celui de la ressemblance, excepté le mien qui ressemble, où je suis nu jusqu’à la ceinture et qui pour la fierté, les chairs, le faire est fort au-dessus de Roslin et d’aucun portraitiste de l’Académie. Je l’ai placé vis-à-vis celui de Vanloo à qui il jouait un mauvais tour. Il était si frappant que ma fille me disait qu’elle l’aurait baisé cent fois pendant mon absence, si elle n’avait pas craint de le gâter. La poitrine était peinte très chaudement, avec des passages, et des méplats tout à fait vrais. Lorsque la tête fut faite, il était question du cou, et le haut de mon vêtement le cachait, ce qui dépitait un peu l’artiste. Pour faire cesser ce dépit, je passai derrière un rideau ; je me déshabillai, et je parus devant elle, en modèle d’académie. “Je n’aurais pas osé vous le proposer, me dit-elle ; mais vous avez bien fait et je vous en remercie.” J’étais nu, mais tout nu. Elle me peignait, et nous causions avec une simplicité et une innocence digne des premiers siècles. Comme depuis le péché d’Adam, on ne commande pas à toutes les parties de son corps comme à son bras, et qu’il y en a qui veulent, quand le fils d’Adam ne veut pas, et qui ne veulent pas, quand le fils d’Adam voudrait bien ; dans le cas de cet accident, je me serais rappelé le mot de Diogène au jeune lutteur : “Mon fils ; ne crains rien ; je ne suis pas si méchant que celui-là.” » (Vers. p. 726.)

Annotations :

1. Signé et daté sous la gravure, à gauche « Mme Thebouche pinx.t », au centre « 1823 », à droite « Bertonnier sculp ».
En bas du cartouche, référence aux « Salons Tome IX. P. 421 et T. X. P. 143. »
2. Mme Therbouche exécuta le portrait pour le Salon de 1767. Il fut ensuite gravé par Bertonnier. Sur les commentaires par Diderot de ses propres portraits, voir Marc Buffat, « Ecco il vero pulcinella » (Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, 18-19, oct. 1995, pp. 55-70).
3. Cette gravure se trouve en frontispice de l’édition Brière des Œuvres de Diderot, Paris, 1821. Elle est apparemment manquante dans l'exemplaire de la Bnf, Z-27613.

Informations techniques

Notice #006254

Image HD

Identifiant historique :
A5573
Traitement de l'image :
Image web