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Une femme d’Alençon entre ses deux amants (Heptaméron N1, Amsterdam, 1698)

Notice #007591

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Date incertaine
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« La femme d’un procureur, après avoir esté fort sollicitée de l’evesque de Sées, le print pour son profit, et, non contente de luy que de son mary, trouva façon d’avoir pour son plaisir le filz du lieutenant general d’Alençon, qu’elle feit quelque temps apres miserablement massacrer par son mary, lequel depuis (non obstant qu’il eut obtenu remission de ce meurtre) fut envoyé aux galeres avec un invocateur nommé Galery, et le tout par la mechanceté de sa femme. » (LP, p. 93.)
    Sur la droite, on distingue la femme du procureur Sainct-Aignan, « une gentil femme du païs plus belle que vertueuse » donnant le bras au fils du lieutenant général d’Alençon, « nommé du Mesnil » sous le regard complaisant de l’évêque de Sées (Jacques de Silly) :
   
    « Mais si est-ce qu’il y avoit ung jeune homme en la ville d’Alençon, filz du lieutenant general, qu’elle aimoit si fort qu’elle en estoit demye enragée, et souvent s’aidoit de l’evesque pour faire donner commission à son lary à fin de povoir veoir à son aise le filz du lieutenant nommé du Mesnil. Ceste façon de vivre dura longtemps qu’elle voit pour son proffict l’evesque et pour son plaisir le dict du Mesnil, auquel elle juroit que toute la bonne chere qu’elle foisoit à l’evesque n’estoit que pour continuer la leur plus librement, et que, quelque chose qu’il y eut, l’evesque n’en avoit eu que la parolle et qu’il povoit estre asseuré que jamais homme que luy n’en auroit autre chose. » (LP, pp. 94-95.)
   
   Mais le jeune homme surprend la liaison de sa maîtresse avec l’évêque, et devient dangereux pour celle-ci. Elle lui donne rendez-vous chez elle et le désigne à son mari comme « ung homme qui vouloit secretement entrer en sa maison ». Le mari, pour défendre l’honneur de sa femme, le fait massacrer par un homme de main, « ung nommé Thomas Guerin, qui faisoit mstier d’estre meurtrier ». Ce meurtre, qui a lieu dans la maison de Saint-Aignan, est représenté au fond à gauche, sous l’arche.
    Le couple doit ensuite s’enfuir en Angleterre. Ils reviennent déguisés à Paris, mais le mari est surpris avec Galery en train de manipuler des amulettes pour ensorceler le roi et sa sœur la duchesse d’Alençon (c’est-à-dire Marguerite de Navarre elle-même). Condamné à mort, le mari est finalement envoyé aux galères à Marseille.
Annotations :
2. 1ère journée, 1ère nouvelle.