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Triste et chaste mort de la femme d’un muletier (Heptaméron N2, Amsterdam, 1698)

Notice #007592

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Une muletiere d’Amboyse aima mieus cruelement mourir de la main de son valet que de consentir à sa mechante volonté. » (LP, p. 103.)
   
    « Estant demoré seul, luy vint en fantaisye, qu’il pourroit avoir par force ce que par nulle priere ne service n’avoit peu acquerir. Et rompit ung ais [=une cloison] qui estoit entre la chambre où il couchoit et celle de sa maistresse. Mais, à cause que le rideau, tant du lict de son maistre et d’elle que de serviteurs de l’autre cousté, couvroit les murailles si bien que l’on ne povoit veoir l’ouverture qu’il avoit faicte, ne fut point sa malice apparceue, jusques ad ce que sa maistresse fut couchée avecq une petite garse de unze à douze ans. Ainsy que la pauvre femme estoit à son premier sommeil entra le varlet, par l’ais qu’il avoit rompu, dedans son lict, tout en chemise, l’espée nue en sa main. Mais, aussy tost qu’elle le sentit près d’elle, saillit dehors du lict, en luy faisant toutes les remontrances qu’il fut possible à femme de bien. Et luy, qui n’avoit amour que bestialle, qui eut mieulx entendu le langaige des mulletz que ses honnestes raisons, se montra plus bestial que les bestes avecq lesquelles il avoit esté long temps ; car, en voyant qu’elle couroit si tost à l’entour d’une table, et qu’il ne la povoit prendre, et qu’elle estoit si forte que, par deux fois, elle s’estoit defaicte de luy, desesperé de jamais ne la povoir ravoir vive, luy donna si grand coup d’espée par les reings, pensant que, si la paour et la force ne l’avoit peu faire rendre, la douleur le feroit. » (LP, p. 105.)
   
   Percée de coups, la jeune femme tombe en invoquant Dieu. Le muletier la viole et s’en va.
   
    « la jeune fille qui estoit couchée avecq la mulletiere, pour la paour qu’elle avoit eue, s’estoit cachée soubz le lict ; mais voiant que l’homme estoit dehors, vint à sa maistresse, et la trouva sans parolle ne mouvement ; crya par la fenestre aux voisins, pour la venir secourir. Et ceulx qui l’aymoient et estimoient autant que femme de la ville, vindrent incontinant à elle…»
   
   La muletière mourra de ses blessures.
   
   Sur la gravure, on distingue à gauche la tenture qui dissimulait la cloison escamotée. Le valet blesse de son épée la muletière. A droite, la table avec laquelle elle a essayé de se protéger. Au fond à droite, la jeune servante de la muletière, après le départ du valet, crie au secours à la fenêtre.
Annotations :
2. 1ère journée, 2e nouvelle.