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Aveu tronqué d’une dame légitimement infidèle (Heptaméron N15, Amsterdam, 1698)

Notice #007605

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Par la faveur du Roy Françoys, un simple gentil homme de sa court espousa une femme fort riche, de la quelle toutesfois, tant pour sa grande jeunesse que pour ce qu’il avoit son cueur ailleurs, il tint si peu de conte, que, elle, meue de dépit et vaincue de desespoir, après avoir cerché tous moyens de luy complaire, avisa de se reconforter autre part des ennuys qu’elle enduroit avec son mary. »
   
   La gravure ne représente pas la scène liminaire, où un grand seigneur amoureux de la jeune dame vient prendre congé d’elle sur ordre du roi, tandis que le mari observe leur entrevue d’une fenêtre (disp. d’effraction scénique). Le mari, à partir de cette scène, tente de reprendre les choses en main. Après avoir surpris plusieurs fois sa femme à deux doigts de fauter, il la convoque devant lui :
    « Et à l’heure, demy esvanouye de tristesse, fut emportée du varlet de chambre au logis de son maistre ; aux piedz duquel tumba ceste pauvre dame, en luy disant : “Monsieur, je vous supplie avoir pitié de moy, et je vous jure la foy que je doibs à Dieu, que je vous diray la verité du tout.” À l’heure, il luy dist comme ung homme desespéré : “Par Dieu, vous me la direz !” et chassa dehors tous ses gens. Et pource qu’il avoit tousjours congneu sa femme devote, pensa bien qu’elle ne se oseroit parjurer sur la vraye Croix : il en demanda une fort belle, qu’il avoit ; et quant ilz furent tous deux seulz, la feit jurer dessus qu’elle luy diroit la verité de ce qu’il luy demanderoit. Mais, elle, qui avoit desja passé les premieres apprehension de la mort, reprint cueur, se deliberant, avant que morir, de ne luy celler la verité, et aussy de ne dire chose dont le gentil homme qu’elle aymoit peust avoir à souffrir. » (LP, p. 248.)
   
   Ne s’agit-il pas là d’une « scène de l’aveu », bien avant celle de la princesse de Clèves ?
Annotations :
2. 2e journée, 15e nouvelle.