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Amours contrariées d’une Demoiselle et d’un bâtard (Heptam N21, Amsterdam, 1698)

Notice #007611

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Artiste :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Dimensions (HxL cm) :
7,5x7,7

Analyse

Analyse de l'image :
« Rolandine, ayant attendu jusqu’a l’age de xxx ans à estre maryée, et cognoissant la negligence de son pere et le peu de faveur que luy portoit sa maistresse, print telle amytié à un gentil homme bastard qu’elle luy promeit maryage, dont son pere averty luy usa de toutes les rigueurs qui luy furent possibles, pour la faire consentir à la dissolution de ce mariage ; mais elle persista en son amitié jusques à la mort du bastard, de laquelle certifiée, fut mariée à un gentil homme, du nom et des armes de sa maison. »
   
   Dans cette nouvelle, Marguerite de Navarre reprend, ou retrouve sans le savoir, le motif de Paolo et Francesca lisant le roman de Lancelot : « Laquelle, advisant par plusieurs foys ce jeune prince à sa fenestre, en feyt advertir le bastard par sa gouvernante ; lequel, après avoir bien regardé le lieu, feyt semblant de prendre fort grand plaisir de lire ung livre des Chevaliers de la Table ronde, qui estoit en la chambre du prince. Et, quand chascun s’en alloit disner, pryoit ung varlet de chambre le vouloir laisser achever de lire, et l’enfermer dedans la chambre, et qu’il la garderoit bien. L’autre, qui le cognoissoit parent de son maistre, et homme seur, le laissoit lire tant qu’il luy plaisoit. D’autre costé, venoit à sa fenestre Rolandine, qui, pour avoir occasion d’y demeurer plus longuement, faingnit d’avoir mal à une jambe et disnoit et souppoit de si bonne heure, qu’elle n’alloit plus à l’ordinaire des dames. Elle se mist à faire ung lict tout de reseul de soye cramoisie, et l’atachoit à la fenestre où elle vouloit demorer seulle ; et, quant elle voyoit qu’il n’y avoit personne, elle entretenoit son mary, qui povoient parler si hault que nul ne les eust sceu oyr ; et quant il s’approchoit quelcun d’elle, elle toussoit et faisoit signe, par lequel le bastard se povoit bien tost retirer. » (LP, pp. 309-310.) Le roman trahit le bâtard, qui doit partir.
   
   La gravure représente l’épisode qui suit. Le bâtard envoie à Rolandine un messager pour continuer avec elle sa correspondance amoureuse. Ce messager, un vieux valet, doit retrouver Rolandine lorsqu’elle sort pour la promenade. On la voit au centre de la gravure. Mais le valet a été reconnu (par les personnages embusqués qu’on distingue à droite). Vite, il se retourne pour uriner, à gauche, et en profite pour déchirer et jeter subrepricement la lettre compromettante. Des hommes armés de bâtons surgissent pour l’arrêter.
   
   
Annotations :
2. 3e journée, 21e nouvelle.