Aller au contenu principal
La laitière et le pot au lait (Fables de La Fontaine, 1678, 3eP) - Chauveau

Notice #007615

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, 3e p., Thierry&Barbin, 1678
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1678
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. B 240
Traitement de l'image :
Photo numérique
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
Texte de la fable :
   Perrette, sur sa tête ayant un Pot au lait
   Bien posé sur un coussinet,
   Prétendait arriver sans encombre à la ville.
   Légère et court vêtue, elle allait à grands pas ;
   Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile
   Cotillon simple, et souliers plats.
Notre Laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l’argent,
Achetait un cent d’œufs, faisait triple couvée ;
La chose allait à bien par son soin diligent.
« Il m’est, disait-elle, facile
D’élever des poulets autour de ma maison :
Le Renard sera bien habile
S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s’engraisser coûtera peu de son ;
Il était, quand je l’eus, de grosseur raisonnable ;
J’aurai, le revendant, de l’argent bel et bon ;
Et qui m’empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? »
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
La Dame de ces biens, quittant d’un œil marri
Sa fortune ainsi répandue,
Va s’excuser à son mari
En grand danger d’être battue.
Le récit en farce en fut fait ;
On l’appela le Pot au lait.
Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne fait châteaux en Espagne ?
Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous ?
Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux :
Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes ;
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi ;
On m’élit Roi, mon peuple m’aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
Quelque accident fait — il que je rentre en moi — même ;
Je suis gros Jean comme devant.
Annotations :
1. Signé « F. C » à gauche vers le bas.
2. Troisième partie, Livre I, Fable 9.