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La reine de Castille face au gentilhomme au miroir (Heptam N24, Amsterdam, 1698)

Notice #007625

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Elisor, pour s’estre trop advancé de decouvrir son amour à la Royne de Castille, fut si cruellement traité d’elle, en l’esprouvant, qu’elle luy apporta nuysance, puis profit. »
   
   La reine remarque un gentilhomme qui n’aimait ni ne servait aucune dame. Elle l’interroge et celui-ci lui propose de lui révéler le nom de la dame qu’il aime le lendemain à la chasse.
    « Ceste response fut cause que la Royne alla plus tost à la chasse qu’elle n’eust faict. Elisor, qui en fut adverty, s’appresta pour l’aller servir, comme il avoit accoustumé ; et feit faire un grand mirouer d’acier en façon de hallecret, et, le mectant devant son estomac, le couvrit très bien d’ung grand manteau de frise noire qui estoit tout bordé de canetille et d’or frisé bien richement. Il estoit monté sur ung cheval maureau, fort bien enarnaché de tout ce qui estoit necessaire au cheval ; et, quelque metal qu’il y eust, estoit tout d’or, esmaillé de noir, à ouvraige de Moresque. Son chappeau estoit de soye noire, auquel estoit attachée une riche enseigne, où y avoit pour devise ung Amour, couvert par force, tout enrichi de pierrerie ; l’espée et le poignart n’estoient moins beaulx et bien faictz, ne de moins bonnes devises. Bref, il estoit fort bien en ordre et encore plus adroict à cheval ; et le sçavoit si bien mener, que tous ceulx qui le voyoient laissoient le passetemps de la chasse pour regarder les cources et les saulx que faisoit faire Elisor à son cheval. Après avoir conduict la Royne jusques au lieu où estoient les thoilles [=les filets de chasse], en telles courses et grandz saulx comme je vous ay dict, commença à descendre de son gentil cheval, et vint pour prendre la Royne et la descendre de dessus sa hacquenée. Et, ainsy qu’elle luy tendoit les bras, il ouvrit son manteau de devant son estomac, et la prenant entre les siens, luy monstrant son hallecret de mirouer, luy dist : Ma dame, je vous supplie de regarder icy ! Et sans actendre response, la mist doulcement à terre. La chasse finée, la Royne retourna au chasteau, sans parler à Elisor ».
   
   Sur la gravure, Elisor qui vient de descendre de cheval montre à la reine de Castille le miroir qu’il porte sur la poitrine : ce miroir indique à la reine qui le regarde de qui Elisor est amoureux.
Annotations :
2. 3e journée, 24e nouvelle.