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Fruits offerts et rendez-vous pris chez un avocat (Heptam. N25, Amsterdam, 1698)

Notice #007626

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Un jeune prince, soubz couleur de visiter son advocat, et communiquer de ses affaires avec luy, entretint si paisiblement sa femme, qu’il eut d’elle ce qu’il en demandoit. »
   
   Un brillant avocat de Paris n’ayant pas eu d’enfant de sa 1ère femme se remarie, déjà vieux, avec une des plus belles filles de la ville. Mais il n’en a pas plus d’enfant. Celle-ci, lassée, cherche son plaisir ailleurs et rencontre un grand prince. Ils conviennent de rendez-vous où le prince se rend déguisé. Mais chez l’avocat, c’est l’avocat que le prince rencontre. Sans se démonter, il lui demande une collation.
    « Le bon homme advocat fut tant aise de l’honneur que ce prince luy faisoit de venir ainsy priveement en sa maison, qu’il le mena en sa chambre, et dist à sa femme qu’elle apprestast la collation des meilleurs fruictz et confitures qu’elle eut ; ce qu’elle feit très voluntiers et apporta la collation la plus honneste qu’il luy fut possible. Et, nonobstant que l’habillement qu’elle portoit d’un couvrechef et manteau la monstrast plus belle qu’elle n’avoit accoustumé, si ne feit pas semblant le jeune prince de la regarder ne congnoistre ; mais parloit tousjours à son mary de ses affaires, comme à celluy qui les avoit manyées de longue main. Et, ainsy que la dame tenoit à genoulx les confitures devant le prince, et que le mary alla au buffet pour luy donner à boire, elle luy dist que, au partir de la chambre, il ne faillist d’entrer en une garderobbe, à main droicte, où bien tost après elle le yroit veoir. »
   
    Au fond à droite, le mari avocat tourne le dos, pendant que sa femme offre une corbeille de fruits au prince et qu’ils conviennent d’un rendez-vous. Le bâtiment qu’on distingue au fond est le monastère qui jouxte la maison de l’avocat, et par lequel le prince viendra dorénavant, pour ne pas être découvert.
    Sa sœur religieuse découvrira cependant la supercherie du prince, que les religieux tiennent pour très pieux, et la contera à la narratrice.
Annotations :
2. 3e journée, 25e nouvelle.