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L’âne et ses maîtres (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #008977

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
L’Âne d’un Jardinier se plaignait au Destin
   De ce qu’on le faisait lever devant l’aurore.
   Les Coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin ;
    Je suis plus matineux encor.
   Et pourquoi ? Pour porter des herbes au marché.
   Belle nécessité d’interrompre mon somme !
    Le sort de sa plainte touché
   Lui donne un autre Maître ; et l’Animal de somme
   Passe du Jardinier aux mains d’un Corroyeur.
   La pesanteur des peaux, et leur mauvaise odeur
   Eurent bientôt choqué l’impertinente Bête.
   J’ai regret, disait-il, à mon premier Seigneur.
    Encor quand il tournait la tête,
    J’attrapais, s’il m’en souvient bien,
   Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien.
   Mais ici point d’aubaine ; ou si j’en ai quelqu’une
   C’est de coups. Il obtint changement de fortune,
    Et sur l’état d’un Charbonnier
    Il fut couché tout le dernier.
   Autre plainte. Quoi donc, dit le Sort en colère,
    Ce Baudet-ci m’occupe autant
    Que cent Monarques pourraient faire.
   Croit-il être le seul qui ne soit pas content ?
   N’ai-je en l’esprit que son affaire ?
   
   Le Sort avait raison ; tous gens sont ainsi faits :
   Notre condition jamais ne nous contente :
    La pire est toujours la présente.
   Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
   Qu’à chacun Jupiter accorde sa requête,
    Nous lui romprons encor la tête.
   
Annotations :
1. Signé « F. C. » en bas à droite.
2. Livre VI, Fable 11.