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En 1636, Alexandre de Comans, qui dirige l'atelier des Gobelins, commande à Simon Vouet une série de huit cartons de tapisserie à composer à partir du Songe de Poliphile de Francisco Colonna. Il ne s'agissait pas immédiatement de tisser la tenture, mais de constituer une sorte de catalogue à l'intention de riches commanditaires éventuels. Vouet, débordé, n'honore pas la commande, qu'il cède à un son élève Eustache Le Sueur, alors à ses débuts.

Cinq compositions sont aujourd'hui conservées, au musée de Tessé du Mans, au musée des Beaux-Arts de Rouen, au musée des Beaux-Arts de Dijon, au Paul Getty Museum de Malibu, à la Residenzgalerie de Salzbourg. Deux autres compositions sont connues grâce à des tapisseries. 

Les Gobelins n'ont apparemment jamais tissé l'Histoire de Poliphile. Une première suite de tapisseries a peut-être été tissée à Saint-Germain des Prés, rue de la Chaise, dans l'atelier de Raphaël de La Planche, associé aux Comans. C'est là que Simon Vouet organisa un atelier de peintres de cartons, et c'est donc probablement là que Le Sueur travailla. Mais aucun tapisserie de cette époque ne nous est parvenue. 

Les cartons ont probablement ensuite été revendus à la manufacture de Beauvais. En effet quatre tapisseries nous sont parvenues, portant sur la bordure la marque B de Beauvais. Trois sont dans une collection privée parisienne : Poliphile devant les trois portes, Poliphile et Polia au bord de la mer et Poliphile et Polia dans un verger avec des nymphes. Une autre est au château de Sedan, Poliphile assiste au triomphe de Bacchus.