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Victoire de Mélandre sous l’échafaud de Lydias (L’Astrée 1733, I, 12) - Gravelot

Notice #012601

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Gravelot, Hubert-François Bourgignon dit (1699-1773)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7041
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Lydias est conduit à l’échafaud pour être exécuté, à moins qu’un champion ne se batte pour sa cause. Mélandre (ou Mellandre, qui est une femme, ou le chevalier triste) se présente, affronte Lypandas en duel et l’étend mort.
   
   Histoire de Lydias et de Melandre
   
    « Bien tost apres voila venir Lypandas armé et monté à l’advantage, qui à son abort effroyoit ceux mesmes à qui le danger ne touchoit point, et croyriez-vous que je ne le fus point, que quand le pauvre Lydias fut conduit sur un eschafaut pour assister au combat, car la pitié que j’eux de le voir en tel estat, me toucha de sorte, que je demeurai fort long temps sans me pouvoir remuër. En fin les juges me menerent vers luy, pour sçavoir s’il m’acceptoit pour son champion, il me demanda qui j’estois, lors contrefaisant ma parole : – Contentez-vous Lydias, luy dis-je, que je suis le seul qui veut entreprendre ce combat pour vous. – Puis que cela est, repliqua-il, vous devez estre personne de valeur, et c’est pourquoy, dit-il, se tournant aux juges, je l’accepte ; Et ainsi que je m’en allois, il me dit : – Chevalier vaillant, n’ayez peur que vostre querelle ne soit juste. – Lydias, luy respondis je, fusse-je aussi assuré que tu n’eusses point d’autre injustice : et apres je me retiray si resoluë à la mort, que des-ja il me tardoit que les trompettes ne donnassent le signal du combat. »
   
   Mélandre cependant blesse dangereusement Lypandas :
   
    « Luy qui y estoit demeuré quelque temps estourdy du coup, tout en furie se releva pour se jetter sur moy : mais des deux blessures qu’il s’estoit faites, l’une l’aveugloit, et l’autre luy ostoit la force du bras, avec tant d’incommodité, qu’il n’y voyoit rien, et si ne pouvoit presque soustenir l’espée, dequoy m’appercevant je pris courage, et m’en vins à luy, l’espée haute luy disant : – Rends toy Lypandas, autrement tu és mort. – Pourquoy, me dit-il, me rendray-je, puis que les conditions de nostre combat ne sont pas telles, contente toy que je mettray Lydias en liberté. Alors les juges estant venus, et Lypandas ayant ratifié sa promesse, je fus sorty du camp comme victorieux : Mais craignant que l’on ne me fist quelque outrage en ce lieu là, pour y avoir Lypandas toute puissance, apres m’estre armée je m’approchay la visiere baissée de Lydias, et luy dis : – Seigneur Lydias, remerciez Dieu de ma victoire, et si vous desirez que nous puissions plus longuement conferer ensemble, je m’en vois en la ville de Rigiaque, où j’attendray de vos nouvelles quinze jours, car apres ce terme je suis contraint de parachever quelque affaire, qui m’emmenera loing d’icy : et pourrez demander le Chevalier Triste ; parce que c’est le nom que je porte, pour les occasions que vous sçaurez de moy. »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à droite « Gravelot inv. et f ».
En haut à droite « I Part. 552. ».
2. Après la p. 552.