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Rendez-vous du marquis D** chez la Présidente (Les Sonnettes, 1751)

Date :
1751
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Enfer 1269

Analyse

Le marquis D** avoue Ă  son oncle le baron son amour pour ÉlĂ©onore, la fille de la comtesse de Mongol, qui est elle-mĂȘme tombĂ©e amoureuse de lui. Le baron lui propose de se rendre Ă  l’invitation du duc D**, qui possĂšde un chĂąteau dans une charmante propriĂ©tĂ©, oĂč il invite une compagnie choisie. Les chambres des dames y sont pourvues d’un subtil dĂ©ispositif reliant chaque lit Ă  une sonnette de timbre diffĂ©rents dans la chambre du duc, de sorte qu’à la faveur des activitĂ©s nocturnes des invitĂ©s le duc est rĂ©galĂ© chaque nuit d’un concert (Pl. p. 1013).
Pour ĂȘtre sĂ»r d’un beau concert, le duc apparie ses invitations, afin que dĂšs le souper les couples soient assortis. C’est ainsi que le narrateur, le marquis D**, se trouve assis Ă  table Ă  cĂŽtĂ© de la PrĂ©sidente D. B***. Il s’enhardit auprĂšs d’elle, elle se trouble
 et les voilĂ  tous deux tombant Ă  la renverse ! AprĂšs le repas, le marquis conduit la PrĂ©sidente Ă  sa chambre, et lui demande comment se faire pardonner.

« Nous convĂźnmes que dans deux heures je me rendrois chez elle pour me justifier. Pendant les deux heures que je passai seul, je fus toujours, par une illusion de l’esprit, assez rare, dans le mĂȘme Ă©tat que si je n’avois pas dĂ» ĂȘtre seul : je me figurois ĂȘtre encore Ă  cĂŽtĂ© de la PrĂ©sidente, & dans la mĂȘme position qui avoit occasionnĂ© notre chute, tant une imagination Ă©chauffĂ©e a de pouvoir.
Tout Ă©toit dans un silence profond, & un plus long dĂ©lai auroit fait monter indubitablement mon impatience Ă  l’excĂšs, quand je passai chez la PrĂ©sidente. Une petite lampe ne fournissoit qu’une foible lueur pour indiquer le lit oĂč je trouvai cette Dame : elle m’admit auprĂšs d’elle, & Ă  toutes les justifications que je dĂ©sirois : je fus le moins criminel & le plus heureux des hommes. D’abord j’avois voulu reprendre l’histoire de notre chute, & je lui en expliquois la cause. Laissons, me dit-elle, un accident qui ne pouvoit nous intĂ©resser que queques instans, & dont j’ai ri la premiĂ©re ; parlons un peu de votre esprit, Marquis, je vous en ai trouvĂ© un d’une justesse & d’une solidité  DĂšs le moment que je vous ai vĂ», j’ai dĂ©sir de passer avec vous un quart d’heure »

Annotations :

2. Face p. 116, 2e partie.

Objets :
Rideau(x) de lit
Femme Ă©tendue sur un lit
Sources textuelles :
[Guillard de Servigné,] Les Sonnettes ou Mémoires du marquis D** (1751)
Romanciers libertins du 18e siÚcle, éd Wald Lasowski, Pléiade, 2000, p. 1015

Informations techniques

Notice #013156

Image HD

Identifiant historique :
B2475
Traitement de l'image :
Image web