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Roger combat l’orque et sauve Angélique (Roland furieux, ch10, 1879) - Doré
Roger combat l’orque et sauve Angélique (Roland furieux, ch10, 1879) - Doré

Notice #001432

Image HD

Série de l'image :
L’Arioste, Roland furieux, ill. Gustave Doré, Paris, Hachette, 1879, in-folio
Auteur(s) :
Doré, Gustave (1832-1883)
Barbant, Charles (1844-1922)
Date :
1879
Nature de l'image :
Gravure
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Résac Smith Lesouef R-6551 (autre exmplaire : Résac Yd95)
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
N° de commande :
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Montpellier, Inst. de rech. sur la Renaissance l’âge classique & les Lumières

Analyse

Analyse de l'image :

Roger sur son hippogriffe combat l’orque de l’Ile des Pleurs pour sauver Angélique que les Ébudiens ont attachée au rocher.     Nous n’avons plus affaire ici à un dispositif scénique classique, fondé sur le jeu entre espace vague et espace restreint. Alors que traditionnellement peintres et graveurs opposaient la masse sombre du roc, espace restreint de la scène, à la lumière du ciel et à la profondeur de la mer, espace vague sur lequel se détachait le combat, Gustave Doré inverse le rapport de l’ombre et de la lumière : le ciel sur la mer est noir, tandis que le rocher est brillamment éclairé, ce qui confère à la scène une dimension onirique, irréelle. D’autre part Angélique n’est pas opposée à Roger et l’orque, mais cernée par eux : les vagues, les replis du monstre marin, les ailes de l’hippogriffe, devenu un animal aussi monstrueux que l’orque, se fondent en un magma unique, un remuement continu et abject, une montée homogène de grouillement de cauchemar. Ce qui menace Angélique, ce n’est pas l’orque, mais cette montée d’un mélange de mer, d’orque et d’hippogriffe.     Quant à Angélique elle-même, sa pose, son visage sont totalement surréalistes ! Cambrée dans l’attitude provocante d’une prostituée exposée en vitrine, la jeune femme sourit !     L’image institue par là avec le spectateur une relation perverse : il s’agit de s’offrir à lui dans la posture sado-masochiste d’une victime consentante mimant le paisir. Le monde qu’évoque Gustave Doré est ici décidément plus proche de la littérature décadente de la fin du dix-neuvième siècle que du récit de l’Arioste !

Annotations :

1. Signé en bas à gauche « CH BARBANT S[culpsit] »