Aller au contenu principal

Damon, Halladin et Adraste surpris par Paris (L’Astrée, 1733, III, 1) - Guélard

Notice précédente Notice n°25 sur 60 Notice suivante

Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Y2-7043
Œuvre signée

Analyse

Paris se promenant dans le pré devant le temple d’Astrée voit arriver un chevalier (Damon) et son écuyer (Adraste) :

« Il vid donc qu’aussi tost qu’ils furent entrez dans le pré, et qu’ils eurent apperceu l’agreable fontaine, qui estoit à l’entree du Temple, le Chevalier voulant mettre pied à terre, l’autre, qu’il jugea estre son Escuyer, courant promptement, luy tint l’estrieu et print son moderne cheval, que débridant, sans respect du lieu, il laissa paistre l’herbe sacree : Cependant le Chevalier se coucha aupres de la fontaine, où s’appuyant d’un coude, et s’estant deffait de l’autre main son heaume, prit deux ou trois fois de l’eau dedans la bouche, et s’en refreschit et lava le visage. Paris le voyant desarmé, creut que son intention n’estoit pas de faire du mal à personne, et cette opinion luy donna la hardiesse de s’en approcher d’avantage, se cachant toutefois le plus qu’il pouvoit dans l’espaisseur des arbres, entre lesquels il vint si pres d’eux, qu’il pouvoit voir et ouyr tout ce qu’ils faisoient et disoient. » (éd. 1619, 14v-15r)

Damon se désespère et Halladin le réconforte : Damon a été calomnié et sa maîtresse Madonthe est partie avec son rival Tersandre. Survient alors Adraste :

«  Cependant qu’il parloit ainsi, et que Paris n’en perdoit une seule parole, le miserable Berger Adraste venoit chanter à haut de teste des vers mal arangez, et sans suitte : Ce malheureux Amant depuis le jugement que la Nymphe Leonide donna contre luy, en faveur de Palemon, ressentit tellement la separation de Doris, que n’en ayant plus d’esperance l’esprit luy en troubla : il est vray qu’encores avoit-il quelquefois de bons intervalles, et lors il parloit assez à propos : mais incontinant il changeoit et disoit des choses tant hors de sujet, qu’il esmouvoit à pitié ceux qui le cognoissoient, et contraignoit de rire les autres. Et parce que son mal estoit venu d’amour, cette impression aussi comme la plus vive et la derniere, luy estoit tellement demeuree en la memoire, que toutes ses folies n’estoient que de ce suject, et lors que les bons intervalles luy permettoient de se recognoistre, il ne les employoit qu’à se plaindre de la rigueur de Doris, de l’injustice de Leonide, de la fortune de Palemon, et de son propre malheur. Ces estrangers se teurent pour l’escouter, mais malaisément eussent-ils peu entendre ce qu’il disoit, puis qu’il n’y avoit pas une parole qui se suivist. Luy toutesfois ravy en sa pensee, sans les voir, s’en vint chantant jusques aupres d’eux, et n’eust esté le hannissement des chevaux, peut-estre eust-il passé sans les voir. » (folio 19 verso)

Annotations :

1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sculp. »

Composition de l'image :
Scène (espace vague/espace restreint)
Objets :
La scène est observée par effraction
Sources textuelles :
L’Astrée, 3ème partie, 1612
Livre 1, éd. 1619, 14v-19v

Informations techniques

Notice #016243

Image HD

Identifiant historique :
B5562
Traitement de l'image :
Image web
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr