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Alcidon au chevet de Daphnide (L’Astrée, 1733, III, 3) - Gravelot

Notice #016245

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
Gravelot, Hubert-François Bourgignon dit (1699-1773)
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7043
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
L’histoire est racontée par le chevalier Alcidon. Délie le conduit secrètement auprès de sa sœur Daphnide, qu’il aime :
   
    « Nous allions parlant de ceste sorte, et d’une voix assez basse, lors que nous arrivasmes au corps de logis, où estoit la bien-heureuse demeure de ma Maistresse, et trouvant une petite porte ouverte, nous montasmes par un escalier fort estroit, jusques à la porte de la chambre, avec le moindre bruit qu’il nous fut possible, et lors Delie me faisant arrester, entra seule dedans pour voir qui y estoit, mais elle trouva qu’il n’y avoit que la belle Daphnide, qui feignant d’avoir mal à la teste, s’estoit mise sur un lict pour se demesler de tant de gens, et pour mieux feindre, n’avoit rien laissé d’allumé dans la chambre, qu’une petite bougie, faisant semblant de ne pouvoir souffrir la clarté : Elle retourne incontinant me querir, et me prenant par la main me mene dans la ruelle du lict de sa sœur, en luy disant, - Voyez Daphnide, ce que Diane a pris en sa derniere chasse : - J’avouë, dis-je, en sousriant, que je serois vostre, si un cœur pouvoit estre à deux : mais estant desja à ma belle Maistresse, c’est à elle à qui je me viens rendre, avec protestation de ne vouloir jamais sortir d’une si belle prison. - C’est en quoy, dit Delie, vous monstrez avoir peu de jugement, aymant mieux vous rendre à une Nymphe, comme est ceste Daphné qu’à une Deesse telle que je suis, et mesme à une Diane, qui est la Maistresse de toutes les Nymphes. - Jupiter, Apollon et presque tous les autres Dieux, luy dis-je, ont ordinairement mesprisé l’amour des Deesses, pour suivre celle des Nymphes, et si jamais il n’y en eut une si belle que celle-cy, entre les mains de laquelle je remets et ma vie et mon ame : et a ce mot me jettant a genoux, je luy pris la main, que je baisay plusieurs fois, sans qu’elle fist semblant de me respondre, tant elle estoit hors de soy ». (Folio 82 r-v)
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « Gravelot inv. », à droite « Guélard sculp. »