Aller au contenu principal
Chryséide est saignée (L’Astrée, 1733, III, 7) - Guélard

Notice #016249

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Guélard, Jean-Baptiste Antoine, grav. parisien actif 1730-1755
Date :
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7043
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Histoire de Cryseide et d’Hylas. Racontée par Hylas.
   Cryséide (ou Chryséide) est une des prisonnières gauloises que Gondebaud a prises en Italie. Hylas la voit lors du défilé du chariot des prisonnières à Lyon et tombe amoureux d’elle.
   Cryséide lui conte son histoire : c’est dans cette histoire enchâssée que se trouve la scène ici représentée.
   Cryséide aime Arimant et est aimée de lui. Mais Ricimer, avec la complicité de la mère de Cryséide, a décidé de marier la jeune fille au riche Clorange. Il escompte profiter d’elle ensuite. Deux jours avant le mariage, Cryséide décide de se tuer. Elle convoque deux chirurgiens successifs pour une saignée :
   
    « Le matin donc estant venu, quand je vis que Clarine, et la pluspart de ceux du logis estoient allez au temple comme de coustume, et qu’ils ne m’avoient laissé pour me garder qu’un jeune enfant qui me souloit servir : Je l’appellay et luy dis, que je le priois d’aller promptement querir un Chirurgien, sans en rien dire à personne : le petit n’y manqua point, et alors qu’il fut entré : - Nostre maistre, luy dis-je, j’ay un grand mal de teste, je vous prie evantez moy un peu la veine du bras, car j’ay accoustumé de faire ainsi, quand ce mal me vient, et je suis incontinent guerie. Luy qui me vit toute rouge, et les yeux chargez, le creut facilement. Et sans se le faire dire deux fois, m’ouvre la veine, et puis me bande le bras, et s’en alla : mais il ne fut pas si tost hors du logis, que je r’appellay ce jeune garcon, et luy dis que je le priois de m’en aller querir un autre, parce que celuy-là ne m’avoit pas bien servie. L’enfant s’y encourut pensant bien faire, et me l’emmena incontinent : Je luy fis la mesme harangue que j’avois faite à l’autre, et cestui-cy aussi prompt que le premier, m’ouvre l’autre bras que je luy presente, luy cachant celuy où j’avois desjà esté seignée, et puis soudain il se retira.
     Alors croyant avoir mis l’ordre qu’il faloit pour finir plus promptement et plus asseurément mes jours, je fais tirer les rideaux, et serrer les fenestres, feignant que la clarté me faisoit mal : Mais incontinent je me desbande les deux bras et oste les compresses, et tout ce qui pouvoit empescher le sang de couler, m’estant voulu ouvrir les deux bras pour mourir tant plustost, et de peur aussi que s’il n’y en eust eu qu’un, le sang peut-estre se fust arresté de soy-mesme, comme il advient quelquefois en semblables occasions. » (F307r-v)
   
   Cryséide survit et s’enfuit avec sa servante, déguisée en homme. Elle retrouve Arimant, avec qui elle vit comme frère et sœur. Cryséide prend alors l’aspect du Gaulois Cléomire, et conquiert la faveur du père d’Arimant, à qui il conseille de marier Arimant à… Cryséide…
   Cléomire et Arimant feignent de partir chercher Cryséide : au moment où celle-ci reprend son vêtement de femme, elle est saisir par Gondebaud comme butin.
Annotations :
1. Signé sous la gravure à droite « Guélard sculp. »