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Adamas conduit Céladon dans la chambre d’Astrée (L’Astrée, 1733, V, 10) - Rigaud

Notice #016276

Image HD

Série de l'image :
L’Astrée de M. d’Urfé, Paris, Pierre Witte & Didot, 1733, 5 vol. in-12
Auteur(s) :
Rigaud, Jacques (vers 1681-1754)
1733
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Y2-7045
Traitement de l'image :
Image web

Analyse

Analyse de l'image :
Cette scène est construite comme une métamorphose d’Alexis en Céladon.
   Adamas conduit Céladon, qui a repris ses vêtements de berger, dans la chambre d’Astrée, mais il ne le lui montre pas tout de suite.
   
    « Disant cela, il pria Silvandre et Lycidas de les attendre dans la chambre ; et ayant conduit en celle d’Astrée Celadon, qui trembloit à chasque pas qu’il faisoit, il entra dans la ruelle du lict où estoit cette bergere, et ayant un peu entr’ouvert son rideau, il luy prit la main et se mit à souspirer, feignant de ne pouvoir pas dire seulement une parole. Astrée tourna doucement les yeux sur luy, et le voyant dans un si profond silence, crut d’abord qu’il n’estoit là que pour luy annoncer tout ce qu’elle craignoit de plus funeste ; de sorte que ne voulant plus languir dans cette inquietude : Ah ! mon pere, luy dit-elle, que voyla un silence qui parle bien clairement de ma mauvaise fortune ! Avouez le vray, continua-t’elle, Alexis n’est plus ? Adamas alors, la regardant d’un œil tout affligé en apparence. Voyez-vous, ma fille, luy respondit-il, je ne vous diray jamais une si mauvaise nouvelle, mais quand j’y serois forcé, peut-estre n’auriez-vous pas besoin de consolation, car enfin vous l’avez desiré, et le luy avez commande de la sorte. »
   
   Après avoir fait languir Astrée un certain temps, Adamas met un terme au mystère :
   
    « A ce mot, Adamas ouvrant tout à fait le rideau, et prenant le berger par la main : Tenez, luy dit-il, belle Astrée, voyla Celadon qu’Alexis vous ordonne de recevoir, et de qui la vie vous doit estre desormais d’autant plus chere qu’il ne la conservera que pour vostre gloire et pour vostre contentement. Aussi-tost Astrée jetta les yeux sur luy, et le recognoissant, elle fut surprise, d’un si grand estonnement, et se vid combattue de tant de differentes pensées,
   qu’elle en demeura quelque temps immobile. Mais Celadon au contraire s’estant jetté à genoux, et luy ayant pris une main : Mon bel Astre, luy dit-il, si mon extreme amour est digne de quelque grace, pardonnez moy, je vous supplie, tous les crimes que je puis avoir commis contre vostre beauté. »
Annotations :
1. Signé sous la gravure à gauche « J. Rigaud. In. Sp. » (invenit et sculpsit).