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Justine fouette Roland pendu dans son cachot (Nlle Justine, 1799, ch18, fig36)

Notice #001674

Image HD

Série de l'image :
La Nlle Justine ou les malheurs de la vertu, [Colnet du Ravel] 1797 [1799]
Auteur(s) :
Bornet, Claude, peintre et graveur du XVIIIe siècle
Date :
Entre 1797 et 1799
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Enfer 2507 (4)
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
Justine a secouru Roland, que des voleurs foulaient aux pieds sur la route de Grenoble. Roland, qui est faux-monnayeur, l’amène à son repaire et l’y séquestre. Il tient là plusieurs femmes, qu’il jouit de voir pendues dans l’un de ses cachots, dont voici la description : « Du cintre partait une longue corde, qui tombait à huit pieds de terre, et qui, comme vous allez bientôt le voir, n’était là que pour servir à d’affreuses expéditions. À droite, était un cercueil, qu’entrouvrait le spectre de la mort, armé d’une faux menaçante ; un prie-Dieu était à côté ; sur une table, un peu au-delà, se voyait un crucifix entre deux cierges noirs, un poignard à trois lames crochues, un pistolet tout armé, et une coupe remplie de poison. £a gauche, le corps tout frais d’une superbe femme, attaché à une croix : elle y était posée sur la poitrine, de façon qu’on voyait amplement ses fesses… mais cruellement molestées ; il y avait encore de grosses et longues épingles dans les chairs, et des gouttes d’un sang noir et caillé formaient des croûtes le long des cuisses ; elle avait les plus beaux cheveux du monde ; sa belle tête était tournée vers nous, et semblait implorer sa grâce. La mort n’avait point défiguré cette sublime créature ; et la délicatesse de ses traits, moins offensée de la dissolution que d ela douleur, offrait encore l’intéressant spectacle d ela beauté dans le désespoir. Le fond du caveau était rempli par un vaste canapé noir, duquel se développaient au regard toute sles atrocités de ce lieu. » (Pp. 1015-1016.)
    Mais cette fois-ci, Roland demande à Justine d’inverser les rôles : Justine doit le lier, le fouetter et le pendre. C’est Roland qui connaître la jouissance de l’étranglement, qu’il inflige d’ordinaire à ses victimes : « Et comme Roland bandait à ces mots, il s’élance sur le tabouret : Justine lui lie les mains, l’attache ; il veut qu’elle l’invective pendant ce temlps-là, qu’elle lui reproche toute sles horreurs de s avie : notre héroïne le fait. Bientôt le vit de Roland menace le ciel ; lui-même fait signe de retirer le tabouret... Le croira-t-on ?… Rien de si vrai que ce qu’avait cru Roland ; ce ne furent que des symptômes de plaisir qui se manifestèrent sur le visage de ce libertin, et presque au même instant, des jets rapides de semence s’élancent à la voûte. Quand tout est répandu, sans que Justine ait aidé en quoi que ce puisse être, elle vole le dégager : il tombe évanoui ; mais à force de soins, elle lui fait bientôt reprendre ses sens. Oh ! Justine, dit-il en ouvrant les yeux, on ne se figure point ces sensations ; elles sont au-dessus de tout ce qu’on peut dire : qu’on fasse maintenant de moi ce qu’on voudra, je brave le glaive de Thémis. » (Pp. 1031-1032.)
   
Annotations :
1. Au-dessus de la gravure à gauche « T. IV. », à droite « P. 210. »