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Contes chinois. Abdal Moal (Cabinet des fées, t19, 1785) - Marillier

Notice #016871

Image HD

Série de l'image :
Chevalier de Mayer, Cabinet des fées, ou coll. choisie des contes de fées…, 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
De Monchy, Mme (femme de Martin de Monchy ?), graveur
Date :
1785
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Madison Wisconsin, Memorial Library
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
PZ24C3 (19)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Contes chinois ou aventures de Fum-Hoam. 36e soirée. Suite des aventures d’Abdal-Moal.
    Le narrateur, ayant aidé un philosophe à s’échapper de prison, a reçu de lui divers secrets, dont l’élixir de Jouvence. Grâce à cet elixir, il a guéri la reine de Damas et l’a épousée. Ils règnent prendant plus de quatre-vingts ans sans vieillir.
    Le narrateur s’égare un jour à la chasse. Il entre dans une petite maison pour demander de l’eau. Tout le monde se prosterne en reconnaissant le sultan de Damas. Le père prétend alors que sa fille, la belle Doulzagar, est follement amoureuse du sultan.
   
    Marillier met en scène la recontre du sultan de Damas et de Doulzagar, emmenée par sa mère à l’intérieur de la maison alors que le sultan s’avance pour demander de l’eau.
    « Alors ayant demandé de l’eau fraîche pour éteindre l’ardeur qui me brûlait les entrailles, un des fils de la maison me regarda fixement ; il se jeta ensuite la face contre terre ; & la baisant avec respect : Dieu est grand, s’écria-t-il, nous sommes maintenant à l’ombre du roi des rois ; humilions-nous devant le sultan de Damas, qui nous honore de sa présence.
    A ce nom de sultan, le père, qui étoit homme d’esprit, conçut tout-d’un-coup de grandes espérances de sa fortune. Quoi ! le sultan est ici s’écria-t-il ? Louange au prophète, nous saurons bientôt si c’est là véritablement notre illustre monarque, car au moins il m’accordera la grâce de ma fille. Et quel crime a donc commis ta fille, lui demandai-je tout étonné ? Quel crime, répliqua le père ; elle ose aimer l’auguste sultan que Dieu conserve, & cependant elle a la force de fuir devant lui. Depuis quelques jours elle a vu dans ces plaines le soutien du monde ; & le cœur de cette jeune audacieuse a eu la hardiesse de s’élever jusqu’à la majesté du roi des rois.
    Comme j’avais un fond de clémence pour de pareils crimes, continua Abdal-Moal, je me mis à sourire ; je lui ordonnai ensuite d’appeler sa femme & sa fille ; & je ne les eus pas plutôt vues de près que je fus ébloui par les charmes de la belle Doulzagar (c’étoit le nom de cette jeune paysanne). Bienheureuses esclaves, leur cria ce bon homme, maintenant votre pauvre cabane est devenue le magnifique pavillon du roi des nations ; la voilà qui est de même élévation que le ciel, & qui égale aujourd’hui la sublime porte du seigneur. Que Doulzagar montre les plus secrets appartemens du logis à l’appui des monarques. La mère & la fille, tremblantes & partagées entre la vénération & la pudeur, se tenoient la tête baissée… »
   
   Quelle scène Marillier a-t-il réellement dessinée ? Est-ce la première exclamation du père, notée dans la légende, mais prononcée alors que Doulzagar et sa mère se sont réfugiées à l’intérieur de la maison ? Ou est-ce plutôt sa deuxième exclamation, alors qu’il a ordonné à la mère et à la fille de sortir et qu’en quelque sorte il vend la fille au sultan ?
   La légende est plus sage que la suggestion libertine du dessin, qui représente, de fait, une scène de première vue.
Annotations :
1. En haut à gauche « Contes Chinois », à droite « Tom. 19. pag. 282 »
Légende dans le cartouche : « Dieu est grand, nous sommes maintenant a l’ombre du Roi des Rois. »
Signé sous le cartouche à gauche : « Marillier dir. », à droite « Mme. De Monchy. Sculp. »
Gravure insérée après la p. 302, la phrase débute à la page précédente, à la 2e ligne à partir du bas.