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Le corbeau et le renard (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau
Le corbeau et le renard (Fables de La Fontaine, Barbin, 1668) - Chauveau

Notice #003833

Image HD

Série de l'image :
Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, in-4°, Denys Thierry, 1668
Auteur(s) :
Chauveau, François (1613-1676)
Date :
1668
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 17e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Rés. Lebaudy in-4 32
Traitement de l'image :
Photo numérique
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :

Au premier plan, le renard récupère dans sa gueule le fromage que le corbeau vient de lâcher. Le corbeau est représenté bec ouvert entonnant son chant. Le moment de la scène est donc le moment final de la fable. L’arrière-plan représente un paysage, avec à droite une ruine. Le premier plan constitue l’espace restreint de la scène. L’arbre sur lequel est perché le corbeau, très noir, et la végétation juste derrière le renard, délimitent cet espace.
    L’espace restreint est regardé, distancié depuis l’espace vague : la ruine (dont la représentation n’est en rien motivée par le texte de La Fontaine) constitue en quelque sorte l’œil de l’espace vague. Ça regarde depuis la ruine.
    Sur la scène proprement dire (dans l’espace restreint donc) le temps est figuré par le trajet du fromage : le temps équivaut à l’interaction des protagonistes, le corbeau lâchant, le renard recevant le fromage. Le moment de la scène, son instant prégnant, condense tout le discours du renard, qui a préparé l’événement, et annonce la chute de la fable, la dernière réplique du renard (« Cette leçon vaut bien un fromage sans doute »).
   
   Le texte de la fable :
   Maître Corbeau, sur un arbre perché,
   Tenait en son bec un fromage.
   Maître Renard, par l’odeur alléché,
   Lui tint à peu près ce langage :
   Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
   Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
   Sans mentir, si votre ramage
   Se rapporte à votre plumage,
   Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois.
   À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie,
   Et pour montrer sa belle voix,
   Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
   Le Renard s’en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
   Apprenez que tout flatteur
   Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
   Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.
   Le Corbeau honteux et confus
   Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Annotations :

1. Signé en bas au centre dans la gravure : « F. C. »
2. Livre I, Fable 2.