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Le duel interrompu (Rétif, Nuits de Paris, 1788, t. III) - Sergent

Notice #006459

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 16 vol. in-12°, [Londres,] 1788-94
Auteur(s) :
Sergent, Antoine François (1751-1847)
Entre 1788 et 1789
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
8-Z LE SENNE-5618 (6)
Sujet de recherche :
F. Tsang-Kwock, Les Nuits de Paris de Rétif, texte et illustration
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
DEV-0801-000398
Date de commande :
10/04/2008
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
« En-ce moment j’entendis ferrailler. J’étais alors dans la rue du-Chaume, assés près du Cadran ; parceque je voulais aler prendre le bout de la rue Saintdenis, pour m’en revenir par les Hâlles. Je courus du-côté d’où partait le bruit. Je vis deux Hommes, l’épée à la main ; une Femme évanouie sur des pierres-de-taille, ét une autre Femme qui la secourait. Je m’écriai. Aussitôt les deux Hommes s’arrêtèrent. Je m’approchai, pour leur demander le sujet de leur querelle. L’Un des deux me montra la Femme évanouie, ét me dit : — Voila ma Sœur, femme de ce Miserable, qui la traite mal : J’ai resolu de le punir, dussé-je périr en Grève. — Votre Sœur se conduit mal (repondit le Mari). — Tu en as menti ! (reprit le Frère) en voulant encore fondre sur lui. Mais je le desarmai. La Femme revint à elle ; ét son premier mouvement, fut de venir se jeter dans les bras de son Mari. Je fus touché. — Votre Femme n’est pas coupable ! (lui dis-je) ; elle ne serait pas venue dans vos bras. — Hâ ! puissiez-vous dire la verité ! — Monstre ! tu le sais bien ! (dit le Frère). — Vous gâtez tout ! (interrompis-je)… Madame, êtes-vous innocente ou coupable ?… Je vous en croirai ! Mais ne mentez pas ! Je suis le Spectateur-nocturne, ét je le découvrirais -! La Dame étonnée me regarda : Je suis innocente ; je ne suis pas criminelle : mais je n’ai pas toujours été prudente. Je jure par ce beau Ciel étoilé, trône de Dieu, que je n’ai jamais été infidelle -! — Je te crois, ma Femme (dit le Mari, en laissant couler des larmes…) Alons, me voila heureux… Alons, mon Frère, donnez-moi la main… Oui, me voila heureux : une infidélité materielle aurait empoisonné ma vie -… Les deux Hommes s’embrassèrent : La Femme prit le bras de son Mari ; l’autre Dame, celui du Frère, et je les reconduisis. » (Pp. 1288-1289.)
Annotations :
2. Tome III. Planche après page de titre de la Sixième partie, relative à la Nuit CXIX, p. 1287, « Duel de deux Bourgeois ».
Au verso de la page de titre de la 6e partie, on peut lire, face à la gravure :
« [Filet]
Sujet de la FIGURE de la VI.me Partie.
Le Spectateur-nocturne, rue du Chaume, separant deux Bourgeois, qui se batent en duel : L’un d’eux lui montre une Femme évanouie, secourue par Une-au[t]re : “—Voila ma Sœur, femme de ce Miserable, qui la traite-mal” !
[Filet]
☞ On prie le LECTEUR de voir l’AVIS contre les Contrefacteurs, qui est placé à la fin des Tables.
On prévient en-même-temps, qu’on a changé la marche, pour la publication des NUITS : La main-d’œuvre augmente si prodigieusement en France, pour tout, que si l’on n’y remedie, nous ne pourrons bientôt plus soutenir la concurrence avec aucune Nation ! L’énormité des frais oblige donc à publier les VI premières Parties, qui font la moitié de l’Ouvrage, et de les mettre à 15 liv. Les Vi dernières Parties, contenant, comme les Vi premières, 1440 pages, acheveront de paraître par mois, une à une, jusqu’à la fin de septembre 1788, à 9 liv. seulement, c’est-à-dire 3 liv. chaque II Parties. Nous contractons toujours l’obligation, si les CCCLXVI NUITS excèdent les VI dernières Parties, d’imprimer, sans retard, le surplûs des NUITS excedantes GRATIS. »