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Une femme adultère surprise et punie (Heptaméron N32, Amsterdam, 1698)

Notice #007633

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Auteur(s) :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
F.A. in-8° E431e (1er volume)
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
« Bernage, ayant connu en quelle patience et humilité une damoyselle d’Allemagne recevoit l’estrange penitence que son mary lui faisoit faire pour son incontinence, gaingna ce poinct sur luy, qu’oublyant le passé, eut pitié de sa femme, la reprint avec soy et en eut depuis de fort beaux enfans. »
   
   Le mari oblige sa femme à boire dans la tête de l’amant qu’il a tué.
    « Il estoit heure de soupper ; le gentil homme le mena [= mena Bernage, envoyé en Allemagne par le roi Charles] en une belle salle tendue de belle tapisserye. Et, ainsy que la viande fut apportée sur la table, veid sortyr de derriere la tapisserie une femme, la plus belle qu’il estoit possible de regarder, mais elle avoit sa teste toute tondue, le demeurant du corps habillé de noir à l’alemande. Après que le dict seigneur eut lavé [ses mains] avecq le seigneur de Bernaige, l’on porta l’eau à ceste dame, qui lava et s’alla seoir au bout de la table, sans parlzer à nulluy, ny nul à elle. Le seigneur de Bernaige la regarda bien fort, et luy sembla une des plus belles dames qu’il avoit jamais veues, sinon qu’elle avoit le visaige bien pasle et la contenance bien triste. Après qu’elle eut mangé ung peu, elle demanda à boyre, ce que luy apporta ung serviteur de leans dedans un esmerveillable vaisseau, car c’estoit la teste d’un mort, dont les oeilz estoient bouchez d’argent : et ainsy beut deux ou trois foys. La damoiselle, après qu’elle eut souppé se feyt laver les mains, feit une reverance au seigneur de la maison et s’en retourna derriere la tapisserrye, sans parler à personne. »
   
   Le dessin édulcore la scène : la femme adultère punie n’a pas été tondue, et le crâne est à peine reconnaissable. Le seigneur qui mange à côté d’elle est-il son mari, ou Bernage ?
   Le serviteur qui appporte des mets depuis le fond à droite, constitue l’embrayeur visuel de la scène. Noter que dans le récit les viandes sont apportées sur la table avant que la femme, que nul ne doit voir, ne sorte de derrière la tapisserie.
Annotations :
2. 4e journée, 32e nouvelle.