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Une dame bâtonnée par le mari déguisé en son amant (Heptam N35, Amsterdam, 1698)

Notice #007664

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Artiste :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
F.A. in-8° E431e (2e volume)

Analyse

Analyse de l'image :
« L’opinion d’une dame de Pampelune, qui, cuydant l’amour spirituelle n’estrev point dangereuse, s’estoit efforcée d’entrer en la bonne grace d’un Cordelier, fut tellement vaincue par la prudence de son mary, que, sans luy declarer qu’il entendist rien de son affaire, luy feit mortellement hayr ce que plus elle avoit aymé, et s’addonna entierement à son mary. »
   
   Une dame tombe amoureuse d’un cordelier. Son mari qui s’en est aperçu intercepte toutes ses lettres et répond à la place du prêtre, qui ne se doute de rien. Comme la dame lui a fixé un rendez-vous, le mari emprunte au cordelier son habit. (Comparer avec Mesure pour mesure de Shakespeare.) Il se met une fausse barbe, un faux nez et des semelles de liège pour augmenter sa taille et attend sa femme avec un bâton.
    « Ainsy habillé, s’en vint au soir en la chambre de sa femme qui l’attendoit en grand devotion. La pauvre sotte n’attendit pas qu’il vint à elle, mais, comme femme hors du sens, le courut embrasser. Luy, qui tenoit le visaige bessé, de paour d’estre congneu, commencea à faire le signe de la croix, faisant semblant de la fuyr, en disant tousjours, sans aultre propos : “Tentation ! tentation !” La dame luy dist : “Helas, mon pere, vous avez raison ; car il n’en est poinct de plus forte que celle qui vient d’amour, à laquelle vous m’avez promis donner remede, vous priant, maintenant que nous en avons le temps et loisir, avoir pitié de moy.” Et en ce disant, s’esforceoit de l’embrasser, lequel, fuyant par tous les costez de la chambre avecq grands signes de croix, cryoit tousjours : “Tentation ! tentation !” Mais, quant il veit qu’elle le serchoit de trop près, print ung gros baston qu’il avoit soubz son manteau et la battit si bien, qu’il luy feyt passer sa tentation, sans estre congneu d’elle. S’en alla incontinant rendre les habitz au prescheur, l’asseurant qu’ilz luy avoient porté bonheur. ”
    «
Annotations :
2. 4e journée, 35e nouvelle.