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Contes chinois. Tongluk (Dessins pour le Cabinet des Fées) - Marillier

Notice #008550

Image HD

Série de l'image :
Marillier, Dessins pour le Cabinet des fées, 2 vol., 1785
Auteur(s) :
Marillier, Clément-Pierre (1740-1808)
Date :
1785
Nature de l'image :
Dessin (lavis)
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Manuscrits
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Fonds Rothschild, Picot 225
Traitement de l'image :
Photo numérique

Analyse

Analyse de l'image :
Le sultan de Gannam étant mort sans enfants, un bonze se présente comme son plus proche héritier, on lui donne la couronne. Tongluk, gouverneur de l’île de Khium-Cheu lui dispute alors ses droits ; le bonze le fait arrêter et s’apprête à l’emprisonner dans une grotte sous son propre trône. Cependant, faisant la sieste au cours d’une chasse, il met un mouchoir rouge sur sa tête, un oiseau de proie fond sur ce qu’il prend pour un quartier de viande et lui crève les deux yeux. Les officiers du roi décident alors d’enfermer plutôt le bonze dans la grotte et de mener Tongluk sur le trône. Tongluk cependant libère le bonze.
   Mais Tongluk ne connaît pas l’amour. Il a envoyé son neveu Holonja chercher des esclaves en Circassie, mais les femmes qu’Holonja lui présente ne sont éblouies que par son rang : « c’est le monarque qu’elles recherchent, & non pas Tongluk ».
   Holonja a rencontré durant son voyage Gulchenraz et son père Malekalsalem, roi détroné de Géorgie et leur accorde l’hospitalité. Gulchenraz se propose pour épouser Tongluk. Mais la tradition veut qu’on ne propose au monarque que des esclaves circassiennes, soumises et réputées pour leur beauté.
   Au bout d’un mois, Holonja présente à ses invités un homme qu’elle dit être son frère, Uzum-quey, qui tombe aussitôt amoureux de Gulchenraz. Celle-ci lui déclare cependant qu’elle n’épousera qu’un prince qui aurait le courage de rendre son trône à son père en Géorgie et d’en chasser l’usurpateur, Dilsenghin roi de Bitlis.
    « Il y avoit déjà cinq mois qu’il voyoit tous les jours la princesse, lorsqu’entrant un jour dans son appartement : seigneur, dit-il à Malekassem, vous êtes vengé ; Dilsenghin n’est plus ; vos fidelles sujets vous attendent avec une extrême impatience. Voici la lettre que vos visirs vous adressent ; & pour vous en convaincre encore mieux, regardez la tête du roi de Bitlis que je vous apporte dans cette corbeille.
    Quelle fut la surprise de Malekalsalem & de Gulchenraz à cette vue ! La tête encore sanglante de leur ennemi, & la lettre signée par tous les visirs de Georgie ne leur permettoit pas de douter de ce qu’ils voyoient. Par quel enchantement, s’écrièrent-ils, avez-vous pu exécuter des choses qui paroissent si impossibles ? Rien ne l’est à l’extrême désir que j’avois de rendre service à la plus belle princesse de la terre, répondit modestement Uzum-quey ». (p. 26-27)
   Usum-quey s’avère être Tongluk, qui a dissimulé son identité pour éprouver Gulchenraz. Il a recouru à la magie de Fum-Hoam pour être transporté à Tefflis en moins de trois heures, pénétrer dans la chambre de l’usurpateur, le provoquer au sabre, et lui couper la tête (p. 35)
Annotations :
1. Au-dessus de l’image, en haut à gauche, « contes chinois hist. du sultan tongluk », à droite « tom. 19. »
Légende dans le cartouche : « regardez la teste du Roy de Bitlis que je vous | apporte dans cette corbeille. »
2. 1ère illustration du volume 19.
Initialement publié dans :
[Thomas-Simon Gueullette,] Contes chinois ou les avantures merveilleuses du Mandarin Fum-Hoam, Paris, D. Moughet, 1723, 2 vol. in-12 ; Amsterdam, Veuve Desbordes, 1728.
L’Histoire du Sultan Tongluk est la 2e histoire, avant la 1ère soirée (p. 15 dans l’éd. de 1728).