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HISTOIRE | GÉNÉRALE | DES VOYAGES, | OU |NOUVELLE COLECTION | DE TOUTES LES RELATIONS DE VOYAGES | PAR MER ET PAR TERRE, | Qui ont été publiées jusqu’à present dans les différentes Langues | de toutes les Nations connues : | CONTENANT | CE QU’IL Y A DE PLUS REMARQUABLE, DE PLUS UTILE, | ET DE MIEUX AVERÉ DANS LES PAYS OÙ LES VOYAGEURS | ONT PENETRÉ, | TOUCHANT LEUR SITUATION, LEUR ETENDUE, | leurs Limites, leurs Divisions, leur Climat, leur Terroir, leurs Productions, | leurs Lacs, leurs Rivieres, leurs Montagnes, leurs Mines, leurs Cités & leurs | principales Villes, leurs Ports, leurs Rades, leurs Edifices, &c. | AVEC LES MŒURS ET LES USAGES DES HABITANS, | LEUR RELIGION, LEUR GOUVERNEMENT, LEURS ARTS ET LEURS SCIENCES, | LEUR COMMERCE ET LEURS MANUFACTURES ; | POUR FORMER UN SISTËME COMPLET D’HISTOIRE ET DE GEOGRAPHIE MODERNE, | qui representera l’état actuel de toutes les Nations : | ENTICHI | DE CARTES GÉOGRAPHIQUES | Nouvellement composées sur les Observations les plus autentiques, | DE PLANS ET DE PERSPECTIVES, DE FIGURES D’ANIMAUX, DE VÉGÉTAUX, | Habits, Antiquités, &c. | TOME ONZIÈME. | [Petit fleuron] | A PARIS, | Chez DIDOT, Libraire, Suai des Augustins, à la Bible d’or. | [Tiret] | M. DCC. LIII. | AVEC APPROBATION ET PRIVILEGE DU ROI.
Bien que les gravures ne soient pas signées, elles sont régulièrement attribuées à Jacob van der Schley dans les catalogues de vente.
Présentation de l'Histoire des voyages :
Comme Prévost l'indique à la fin de l'Avertissement du tome I de l'Histoire générale des voyages en 1746, c'est le chancelier d'Aguesseau , alors Ministre de la Marine, qui est à l'origine de cette gigantesque entreprise qu'il lui a confiée pour une impression chez Didot : un certain John Green a commencé à publier à Londres, chez Thomas Astley, en 1744, A New General Collection of Voyages and Travels, qui compile les récits des voyageurs portugais, puis hollandais, enfin anglais. La compilation vaut maîtrise : au moment où l'Angleterre entend exercer sa suprématie sur les mers du globe, elle s'assure de la maîtrise du récit. Compiler, c'est avoir le dernier mot dans la grande histoire de la mondialisation qui est en train de s'écrire. C'est du moins ainsi que l'entend d'Aguesseau, lorsqu'il riposte par la commande d'une Histoire générale des voyages en français.
Prévost s'enthousiasme pour le projet, qu'il exécute à sa manière : il ne traduit pas fidèlement, il coupe, réorganise et enrichit. Arrivé au volume 11 (1753), il s'exaspère, d'autant que Green a interrompu sa publication : « A la vérité, lorsque avec plus de fidélité que de goût pour mes engagemens, je me suis assujetti au Plan dont je n'avois plus la liberté de m'écarter, j'étois soutenu par l'espérance que cette tyrannie cesseroit un jour. J'entrevoyois dans l'éloignement qu'après être sorti des Régions où les Anglois m'avoient laissé, il me seroit libre de secouer une partie du joug. […] Je déclare donc que ce volume sera le dernier, où la méthode Angloise sera consultée ; et que n'ayant plus à traiter, dans les Tomes suivans, que ce qui regarde l'Amérique et les Voyages au Nord, j'embrasse une nouvelle méthode… »
Mais Prévost n'attend pas le volume suivant. Lorsqu'il arrive à la section qu'il intitule « Histoire naturelle des Indes orientales », il prévient : « On n'a donné jusqu'à présent que [les tables] des chapitres & des autres divisions ; mais on ne manquera pas d'en joindre une des Matieres à la fin de l'Ouvrage, & d'y faire entrer tous les noms des Animaux, des Plantes, & des autres Productions remarquables, qui se trouvent dispersées dans les Descriptions. » (p. 610) En fait, Prévost ne se contente pas de promettre un index rerum. Il élimine le récit, isole des fragments de descriptions, sélectionnées par « productions particulieres de chaque Pays », réordonne cette matière par ordre alphabétique et, alors que les premiers volumes de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert paraissent, il abandonne l'« histoire » au profit d'une logique encyclopédique.