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Roger & Alcine, les secrets à l’oreille (Rol. furieux Brunet 1776, ch7) - Cochin

Notice #001974

Image HD

Série de l'image :
L’Arioste, Roland furieux, trad D’Ussieux ill Cochin/Moreau... Paris Brunet 1776
Auteur(s) :
Ponce, Nicolas (1746-1831)
Cochin le jeune, Charles-Nicolas (1715-1790)
Date :
1776
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Lunel, Bibliothèque municipale, Fonds Médard
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
G. 49
Sujet de recherche :
Iconographie du Roland furieux
Traitement de l'image :
Scanner
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
Collection particulière

Analyse

Analyse de l'image :
     Cochin a représenté, lors du banquet offert parAlcine à Roger (str. 19-22), la scène du jeu des secrets à l’oreille: « facean, sedendo in cerchio, un giuoco lieto : / che ne l’orecchio l’un l’altro domande, / come più piace lor, quelche secreto; / il che agli amanti fu commodo grande / di scoprir l’amor lor senza divieto », ils firent, assis en cercle, un jeu plaisant : c’était, par l’oreille, de se demander l’un à l’autre, et au plaisir de chacun, quelque secret, ce qui, pour les amants, fut très commode pour se découvrir leur amour sans rencontrer d’interdit (str. 21).     L’espace restreint de la scène est au premier plan le cercle formé par les joueurs et refermé par les deux couples féminins représentés de dos sur le devant. Notre regard de spectateurs ne parvient jusqu’à Roger et à Alcine qu’après avoir franchi l’écran formé par ces deux couples. Seuls les corps délimitent l’espace restreint, en dehors de toute architecture. Les pieds qui se touchent, les têtes qui s’effleurent établissent une continuité sensible de l’écran.     À l’arrière-plan, à droite, on dresse ou au contraire plutôt on débarrasse la table du banquet. L’enfilade des colonnes, scandée par les deux jetés de rideau avant et après la salle brillamment éclairée du banquet, produit l’effet de profondeur et met en valeur la perspective : l’espace du banquet est l’espace vague.     Le moment choisi n’est pas celui où Roger se donne à Alcine après l’avoir longuement attendue dans sa chambre (Fragonard a dessiné ce moment), mais le moment encore social, encore public, du jeu libertin. Le banquet célèbre encore un Roger chevalier et renvoie par là au combat contre Eriphile au début du chant, où Roger a triomphé ; mais la scène du jeu précipite Roger vers sa propre féminisation, sa sortie de la chevalerie. Ce moment d’équilibre constitue un instant prégnant.     Noter les tuniques très dénudées et les sandales lacées des jeunes femmes, dans le style néoclassique qui s’est imposé dans les années 1760, avec Vien notamment.
Annotations :
1. Signé et daté sous la gravure : « C. N. Cochin del[ineavit] », à gauche ; « N. Ponce sculp[sit] 1776 » à droite.