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Le portrait de famille (Rétif, Nuits de Paris, 1788, t. V) - Sergent

Notice #006453

Image HD

Série de l'image :
Rétif de la Bretonne, Les Nuits de Paris, 16 vol. in-12°, [Londres,] 1788-94
Auteur(s) :
Sergent, Antoine François (1751-1847)
Date :
Entre 1788 et 1789
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
8-Z LE SENNE-5618 (9)
Sujet de recherche :
F. Tsang-Kwock, Les Nuits de Paris de Rétif, texte et illustration
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
DEV-0801-000398
Date de commande :
10/04/2008
Photo sur papier
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :
La Marquise se retire avec le Spectateur-nocturne dans un cabinet pour lui rémoigner le tendre intérêt qu’elle porte pour la jeune Saintbrieux, malgré les désordres de sa conduite passée. Mais au fait, qui est-elle ? On la fait venir dans le cabinet, et elle se confesse :
    « Je ne vous affligerai pas, en vous racontant ce qui m’est arrivé pendant deux ans… J’ai vu des Grands, des Petits… Deux Hommes seuls ne m’ont pas inspiré d’horreur, lui (me montrant), ét…… Celui-ci -. (Elle tira de son corset, à l’endroit du cœur, une mignature). Mais je ne l’ai jamais vu, qu’en portrait !… La Marquise la prit… la regarda… palit… En se retournant, elle tira un rideau de gaze qui couvrait un portrait en grand : — Ma Fille, votre mignature ét ce portrait sont-ils le même Homme ? — Mais… mais… oui !… oui -! La Marquise s’assit, mit Saintbrieux sur ses genoux, la regarda…. — Voyez donc (me dit elle, si elle n’a pas des traits de sa mignature ? — Oui… c’est la bouche, ce sont les ieux,… l’air… de cet Homme. — On m’a toujours, dit que c’était mon Père. — Hé ! c’était mon Frère ! Un Frère cheri, mort… d’une manière funeste… Et tu serais le fruit d’un malheureux amour !… — Voici un mot de sa main -. Elle tira d’une boîte d’or, un petit papier, ainsi conçu…. Je meurs… Ma Fille a une Tante… Voyez-la… Elle demeure rue… — C’est l’écriture de mon Frère ! (s’écria la Marquise): Grand Dieu ! c’est ma Nièce… C’est le sang ét le portrait de mon Frère le Chevalier-de-Malthe ?… Hâ ! je t’aimais trop, ét tu m’inquiétais !… Je suis éclairée -!… Pendant ces derniers mots, Saintbrieux s’était jetée dans les bras de sa Tante, ét lui prodiguait les plûs tendres caresses. Je ne fus jamais aussi ému ! La Marquise était en larmes. » (Pp. 2009-2010.)
Annotations :
2. Tome V. Planche après page de titre de la Neuvième partie, relative à la Nuit II-ÇXIII (213), p. 2009.
[Dans Res p-Y2-229(5), la gravure est montée face à la p. 1923 et II-ÇIII (203e) nuit, et non face au sujet qui les décrit.]
Au verso de la page de titre de la 9e partie, on peut lire, face à la gravure :
« [Filet]
Sujet de la FIGURE de la IX.me Partie.
[Filet]
Le Spectateur-nocturne rencontrant la Jeune-Saintbrieux à l’entrée de la rue Plâtrière : “Vous faites un badinage ; mais il est indecent” !
[Le sujet de la gravure est corrigé à la fin de la 9e partie, à la suite de la Table :
« N.a On a changé le sujet d’Estampe dabord indiqué, pour la IX Partie, en celui-ci :
Le Spectateur-Nocturne regardant la Marquise, qui decouvre un Portrait à Sainbrieux, en lui disant : “Votre Mignature, ét ce Portrait, font-ils le même homme” ? p. 2009. »]
[Filet]
Extrait de 2 Lettres de Mad. la comtesse de B………, relatives aux NUITS DE PARIS.
“Il me faudrait vore genie, pour vous peindre comme je la sens, l’admiration où je suis de votre I Volume : c’est l’éloquence de Jean-Jacques, la touche grecque si grâcieuse, la philosophie ornée d’un charme qu’elle n’a jamais qu’avec vous ! Votre Marquise attache, interesse ; votre partie abstraite est sublime : votre câdre est de l’originalité la plûs piquante, ét j’y vois seulem.t avec peine, qu’on cède bien-plûs aux prières de la marquise, qu’aux miennes…. (Autre lettre) : Je les ai achevées, Monsieur, vos étonnantes NUITS de Paris ! Mais quel que soit le vif ét ineffaçable souvenir d’une telle lecture, je regretterais de l’avoir finie, si je ne comptais la recommencer bien souvent ; non pour vous estimer plûs que je ne le fais ; car cela est impossible ; mais pour en devenir meilleure. Votre Marquise est admirable ! ét plûsqu’elle encore le Spectateur-nocturne. Je conçois à-present son génie fécond, varié, inépuisable ! Hâ ! la source en est dans son cœur, ét c’est-là, là seulement qu’est la source d’eau-vive, jaillissant ét toujours nouvelle ! Je voudrais vous citer chaque différente chose, chaque differente impression ; toutes ont été des plaisirs ; rien de si pur, de si intéressant que l’histoire d’Armancour ! La Muette au-milieu de ses Enfans m’a fait verser les plûs douces larmes ! L’Homme qui est reduit aux ressources du Chien, a déchiré mon cœur ! Le sort de la Jolie-petite Blonde qui ne ressemble point à sa prétendue Mère, ét l’amour de son Mari m’occupent extrêmement : Toute cette Galerie de Tableaux est alafois devant mes ieux, ét au fond de mon cœur…… »