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Une femme récupère son mari par le feu (Heptaméron N37, Amsterdam, 1698)

Notice #007666

Image HD

Série de l'image :
Contes et nouvelles de Marguerite de Valois, Amsterdam, G. Gallet, 1698
Artiste :
De Hooghe, ou De Hooch, Romeyn (1645-1708)
Date :
1698
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre, taille-douce (au burin)
Sujet de l'image :
Fiction, 16e siècle
Lieu de conservation :
Versailles, Bibliothèque municipale centrale
F.A. in-8° E431e (2e volume)

Analyse

Analyse de l'image :
« Madame de Loué, par sa grand’patience et longue attente, gaingna si bien son mary, qu’elle le retira de sa mauvaise vie, et vescurent depuis en plus grande amytié qu’auparavant. »
   
   Après avoir donné de beaux enfants à son mari, une dame s’aperçoit qu’il se lève chaque nuit aussitôt qu’elle est couchée et ne rentre qu’au matin. Elle l’attend alors chaque nuit avec une bassine pour lui laver les mains à son retour. En vain. Elle décide donc de le suivre et le trouve couché avec la pire, la plus laide de ses servantes.
    « Et tant alla de chambre en chambre, qu’elle le trouva couché en une arriere garderobbe endormy avec la plus layde, orde et salle chamberiere qui fut leans. Et, lors, se pensa qu’elle luy apprendroit à laisser une si honneste femme pour une si sale et orde : print de la paille et l’aluma au millieu de la chambre ; mais, quant elle veid que la fumee eust aussitost tué son mary que esveillé, le tira par le bras, en criant : Au feu ! au feu ! Si le mary fut honteux et marry estant trouvé par une si honneste femme avec une telle ordure, ce n’estoit pas sans grande occasion. Lors, sa femme lui dist : « Monsieur, j’ay essayé, ung an durant, à vous retirer de ceste malheurté, par doulceur et patience, et vous monstrer que, en lavant le dehors, vous deviez nectoier le dedans ; mais, quant j’ay veu que tout ce que je faisois estoit de nulle valleur, j’ay mis peyne de me ayder de l’element qui doibt mectre fin à toutes choses, vous asseurant, monsieur, que si ceste-cy ne vous courrige, je ne sçay si une seconde fois je vous pourrois retirer du dangier, comme j’ai faict. Je vous supplie de penser qu’il n’est plus grand desespoir que l’amour, et, si je n’eusse eu Dieu devant les oeilz, je n’eusse poinct enduré ce que j’ai faict.” »
   
   L’image représente la scène du feu avant que la dame de Loué n’éveille son mari et la servante. C’est le moment qui précède l’instant décisif, mais aussi le discours de la dame : le suspens dramatique est un suspens discursif. Symboliquement, la dame s’apprête à monter sur un piédestal, comme un orateur pour parler.
Annotations :
2. 4e journée, 37e nouvelle.