Aller au contenu principal
Justine saignée chez Gernande (Nlle Justine, 1799, ch13, fig26)
Justine saignée chez Gernande (Nlle Justine, 1799, ch13, fig26)

Notice #001664

Image HD

Série de l'image :
La Nlle Justine ou les malheurs de la vertu, [Colnet du Ravel] 1797 [1799]
Auteur(s) :
Bornet, Claude, peintre et graveur du XVIIIe siècle
Date :
Entre 1797 et 1799
Nature de l'image :
Gravure sur cuivre
Sujet de l'image :
Fiction, 18e siècle
Lieu de conservation :
Paris, Bibliothèque nationale de France, Réserve
Références (n° inv, cote, salle, coll.) :
Enfer 2507 (3)
Traitement de l'image :
Image web
N° de commande :
Localisation de la reproduction :
https://gallica.bnf.fr

Analyse

Analyse de l'image :

Bressac étant arrivé dans la maison du couple d’Esterval, il les a emmenés avec Justine chez son oncle Gernande. Ici Gernande fait saigner Justine, qu’il vient d’engager comme nouvelle femme de chambre de sa femme.
    « Place-la, Zéphyre, continue Gernande en s’adressant à son autre giton. Et ce bel enfant, s’approchant de Justine, lui dit, en souriant : N’ayez pas peur, mademoiselle ; cette opération ne peut vous faire que le plus grand bien ; placez-vous ainsi. Il s’agissait d’être légèrement appuyée sur les genoux, au bord d’un tabouret mis au milieu de la chambre, les bras soutenus par deux rubans noirs attachés au plafond.
    A peine est-elle en cette posture, que le comte s’approche d’elle, la lancette à la main. Il respirait à peine ; ses yeux étincelaient ; sa figure inspirait la terreur. Il bande les deux bras, et, en moins d’un clin d’œil, il les pique tous deux. Un cri s’exhale de sa poitrine enflammée, deux ou trois blasphèmes l’accompagnent ; et dès qu’il voit le sang, il va s’asseoir tout auprès du groupe de Dorothée. Narcisse, à genoux entre ses jambes, le suce ; et Zéphyre, les pieds sur les bras du fauteuil de son maître, lui présente à téter le même objet qu’il offre lui-même à pomper à l’autre. Gernande empoignait les reins de Zéphyre ; il le comprimait contre lui, ne le quittant de temps en temps que pour porter ses regards lascifs, tantôt sur la malheureuse phlébotomisée, tantôt sur le groupe en action qu’inondait le sang de Justine. Celle-ci nénanmoins se sent affaiblir : Monsieur, monsieur, s’écrie-t-elle, ayez pitié de moi, je m’évanouis. Elle chancelle effectivement ; elle tomberait sans les rubans qui la soutiennent ; ses bras varient ; sa tête flotte sur ses épaules ; les jets de sang, détournés par ces oscillations, viennent inonder son visage. Le comte est dans l’ivresse » (Pléiade, pp. 854-856).

Annotations :

1. Au-dessus de la gravure à gauche « T. III. », à droite « P. 216. »