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La logique discursive est l’enchaînement des propos d’un discours selon une ligne logique du type :

A => B => C…

Quand le discours raconte des événements (récit historique, ou récit fictif) il suit la chronologie ; quand le discours développe des arguments (démonstration, raisonnement), il va de causes en causes, ou de conséquences en conséquences.

Samson et Dalila (Psautier de saint Louis, F°61v)
Psautier de Saint-Louis, Samson et Dalila. Dalila coupe les cheveux de Samson => Samson est facilement neutralisé par les Philistins. Ici, il n'y a pas de scène : chaque compartiment fonctionne comme un syntagme

La scène est souvent marquée par la mise en échec de la logique discursive : le discours du personnage se théâtralise au point que le geste signifie plus que la parole. C’est le fait qu’il parle, non le contenu de son discours qui signifie. Parfois au contraire la parole est coupée, brouillée, gênée, interrompue, inaudible, incompréhensible : le fait que quelqu’un parle fait tableau indépendamment de ce qu’il dit.

Ce rapport conflictuel de la scène au discours est lié à l'évolution historique des dispositifs : à partir de la fin d ela Renaissance, la scène exprime la nouvelle organisation sémiologique, tandis que le discours est identifié à l'ancien monde, médiéval, où la parole était performance, c'est-à-dire parole efficace. De même que dans la scène peinte les épisodes narratifs s'effacent dans le flou d'un espace vague (un paysage, un lointain), de même dans la scène écrite la parole performative devient parole vaine, parole empêchée, ou incompréhensible.

Référence électronique

Stéphane Lojkine, Discours, mis en ligne le 14/04/2021, URL : https://utpictura18.univ-amu.fr/rubriques/critique-theorie/discours

Publié dans :

Critique et théorie

Généalogie médiévale des dispositifs

Dispositifs contemporains

Théorie des dispositifs

Notions théoriques

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